Aperçu du marché : Variations importantes, selon la province ou le territoire, des émissions de gaz à effet de serre associées à la consommation d’électricité du secteur résidentiel

Date de diffusion : 2017-06-21

Comme les émissions de carbone associées à la consommation d’électricité du secteur résidentiel découlent de la production de cette électricité, en amont, elles sont moins directement visibles que dans d’autres secteurs, dont celui des transports. On attribue à l’électricité environ 11 % des émissions de gaz à effet de serre (GES) au Canada en 2015, le secteur résidentiel étant associé à environ 4 % de celles-ci. Par habitant, les émissions de ce secteur varient considérablement selon la province ou le territoire. À preuve, la Nouvelle-Écosse, en tête, produit 3,1 tonnes d’équivalent de dioxyde de carbone (eCO2) et le Québec, à la queue, ne produit que 0,01 tonne d’eCO2, la moyenne canadienne par habitant s’établissant à 0,72 tonne d’eCO2.

Émissions estimatives de GES par habitant associées à la consommation d’électricité du secteur résidentiel en 2015

Source et description

Source : Rapport Avenir énergétique du Canada de l’Office national de l’énergie, Statistique Canada et Rapport d’inventaire national 1990-2014 d’Environnement et Changement climatique Canada – Sources et puits de gaz à effet de serre au Canada [anglais seulement]

Description : Le diagramme à barres horizontales montre les émissions annuelles de GES associées à la consommation d’électricité du secteur résidentiel (en tonnes d’eCO2), par habitant, selon la province ou le territoire et en ordre décroissant : Nouvelle-Écosse (3,1), Nunavut (3,0), Saskatchewan (2,45), Alberta (2,25), Nouveau Brunswick (2,18), Territoires du Nord-Ouest (2,17), Île-du-Prince-Édouard (0,43), Terre Neuve et Labrador (0,27), Yukon (0,2), Ontario (0,15), Colombie-Britannique (0,07), Manitoba (0,03), Québec (0,01). La moyenne canadienne se situe à 0,72 tonne d’eCO2, entre l’Île-du-Prince-Édouard et les Territoires du Nord-Ouest.

Deux facteurs contribuent principalement aux émissions de GES associées à la consommation d’électricité du secteur résidentiel d’une province ou d’un territoire : la mesure dans laquelle on a recours à l’électricité aux fins du chauffage domestique (facteur pouvant accroître sensiblement la consommation d’électricité par ménage) et l’intensité des émissions de GES attribuables à la production de cette électricité. L’intensité des GES produits par l’électricité consommée est moindre dans les provinces et territoires qui consomment principalement de l’électricité produite à partir de sources à faible taux d’émission, telles que l’hydroélectricité, l’énergie nucléaire et des énergies renouvelables autres qu’hydroélectriques, que dans les provinces et territoires consommant de l’électricité produite à l’aide de combustibles fossiles.

Demande d’électricité du secteur résidentiel par habitant et intensité des émissions de GES associées à la consommation d’électricité

Source et description

Source : Rapport Avenir énergétique du Canada de l’Office national de l’énergie, Statistique Canada et Rapport d’inventaire national 1990-2014 d’Environnement et Changement climatique Canada – Sources et puits de gaz à effet de serre au Canada [anglais seulement]

Description : L’axe horizontal du diagramme de dispersion indique l’intensité des émissions de GES associées à la consommation d’électricité de chaque province et territoire, en kilogrammes d’eCO2 par mégawattheure (kg eCO2/MWh), tandis que l’axe vertical illustre la demande annuelle d’électricité du secteur résidentiel en mégawattheures par habitant (MWh/habitant). La moyenne canadienne de 152 kg d’eCO2/MWh et de 4,71 MWh/habitant est indiquée de manière à diviser le diagramme en quatre quadrants. Les points se trouvant dans les deux quadrants de droite révèlent une intensité d’émissions de GES découlant de la consommation d’électricité qui est supérieure à la moyenne. Il s’agit, en ordre décroissant, de l’Alberta, du Nunavut, de la Saskatchewan, de la Nouvelle-Écosse, des Territoires du Nord-Ouest, du Nouveau-Brunswick et de l’Île-du-Prince-Édouard. Le Nouveau Brunswick est la seule province du quadrant supérieur droit dont la demande et l’intensité des émissions de GES sont toutes deux supérieures à la moyenne. Pour leur part, les trois provinces du quadrant supérieur gauche affichent une intensité des émissions de GES inférieure à la moyenne, malgré une demande supérieure à la moyenne (en ordre décroissant) : Terre-Neuve-et-Labrador, le Québec et le Manitoba. Dans le quadrant inférieur gauche, l’intensité des émissions de GES ainsi que la demande de deux provinces et d’un territoire sont inférieures à la moyenne (en ordre décroissant) : le Yukon, la Colombie-Britannique et l’Ontario.

La couleur du point correspondant à chaque province ou territoire rend compte des émissions de GES associées à la consommation d’électricité dans le secteur résidentiel, en tonnes de CO2/habitant. Cette donnée est obtenue en multipliant la demande d’électricité du secteur résidentiel (en MWh/habitant) par l’intensité des émissions de GES associées à la consommation d’électricité (en kg d’eCO2/MWh), puis en divisant le résultat par 1 000 (pour obtenir des tonnes à partir de kg). Parce que les émissions du Québec, du Manitoba, de la Colombie-Britannique, de l’Ontario, du Yukon, de Terre-Neuve-et-Labrador et de l’Île-du-Prince-Édouard sont inférieures à la moyenne, le point correspondant à ces provinces et à ce territoire est de couleur verte. Les provinces et le territoire dont les émissions dépassent de manière modérée la moyenne canadienne, soit les Territoires du Nord-Ouest, le Nouveau-Brunswick, l’Alberta et la Saskatchewan, sont indiqués par un point jaune. Du fait que leurs émissions dépassent largement la moyenne nationale, les points correspondant à la Nouvelle-Écosse et au Nunavut sont de couleur rouge.

Par exemple, même si sa demande d’électricité par habitant avoisine la moyenne nationale, la Nouvelle Écosse consomme de l’électricité produite en majeure partie avec du charbon et du gaz naturel, sources dont l’intensité des émissions de GES est plus de quatre fois supérieure à la moyenne. C’est la raison pour laquelle au Canada, la Nouvelle-Écosse est la province où la consommation d’électricité du secteur résidentiel entraîne le plus d’émissions de GES associées, par habitant.

À l’opposé, malgré une demande d’électricité élevée de la part de son secteur résidentiel (ce qui est en grande partie attribuable à l’utilisation répandue de l’électricité pour le chauffage domestique), le Québec affiche la plus faible intensité des émissions de GES associée à la consommation d’électricité du fait qu’il répond majoritairement à ses besoins au moyen d’hydroélectricité. Le Québec est ainsi la province où la consommation d’électricité du secteur résidentiel produit le moins d’émissions de GES associées, par habitant.

L’Île-du-Prince-Édouard et le Nouveau-Brunswick forment un contraste intéressant. La première importe la plupart de son électricité de la seconde, de sorte que l’intensité des émissions de GES associées à la consommation d’électricité est comparable dans les deux provinces. Différence importante par contre, l’Île-du-Prince-Édouard utilise des produits pétroliers pour répondre à ses besoins en chauffage domestique, alors que le Nouveau-Brunswick utilise l’électricité. Ainsi, la consommation d’électricité par ménage à l’Île-du-Prince-Édouard contribue-t-elle de façon moins importante, par habitant, aux émissions de GES associées à la consommation d’électricité du secteur résidentiel.

Au Canada, il est possible d’observer de grandes variations d’une province ou d’un territoire à l’autre et même à l’intérieur d’une région. Les quatre provinces de la côte Est se distinguent toutes entre elles par la demande et l’intensité des émissions de GES. Dans les Prairies, l’intensité des émissions de GES est relativement élevée en Alberta et en Saskatchewan du fait de l’utilisation de charbon pour produire de l’électricité, alors qu’elle est plutôt faible au Manitoba, province qui a recourt à l’hydroélectricité. Par ailleurs, les collectivités des Territoires du Nord-Ouest et du Nunavut utilisent principalement des génératrices au diesel pour répondre à leurs besoins en électricité, tandis que le Yukon utilise surtout l’hydroélectricité.

 

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