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Résumé

Aperçu et mise en contexte

Le rapport Avenir énergétique du Canada en 2019 – Offre et demande énergétiques à l’horizon 2040 (l’« Avenir énergétique 2019 ») présente les prévisions énergétiques à long terme de la Régie de l’énergie du Canada. Ce rapport, comme la plupart des activités de la Régie, prend fondement sur les quelque 60 ans d’histoire de l’Office national de l’énergie, qui a commencé à publier des prévisions à long terme en 1967.

La série de rapports Avenir énergétique traite des diverses possibilités qui pourraient s’offrir aux Canadiens à long terme. L’organisation se fonde à cette fin sur des modèles économiques et de production d’énergie qui permettent de faire des projections, ainsi que sur un ensemble d’hypothèses à propos des technologies, des politiques sur l’énergie et les changements climatiques, des comportements humains et de l’économie.

L’Avenir énergétique 2019 actualise les projections à la base du scénario de référence, qui servent de fondement à la série. Le scénario de référence s’appuie sur les perspectives économiques actuelles, sur une vision modérée des prix de l’énergie et des améliorations technologiques et sur les politiques énergétiques ou climatiques déjà annoncées au moment de l’analyse, qui sont suffisamment détaillées pour les besoins de la modélisation. Il repose sur plusieurs grandes hypothèses et comporte des avertissements. Prière de consulter la section « Hypothèses » pour obtenir des précisions.

L’Avenir énergétique évolue pour répondre aux besoins de la population canadienne

Le présent rapport, qui est le premier préparé par la Régie, comprend une mise à jour des projections de base du scénario de référence ainsi qu’une nouvelle image. Il est possible d’accéder aux données portant sur l’avenir énergétique à partir de nombreuses plateformes, comme les tableaux interactifs, les fichiers lisibles par machine du gouvernement ouvert et les outils d’apprentissage en ligne de la Régie. Voir la section « Explorer les données liées à l’avenir énergétique » pour avoir accès aux ensembles de données et aux outils.

L’édition 2020 du rapport prendra appui sur des scénarios et analyses de sensibilité qui sont utiles et significatifs et les projections s’étendront au-delà de 2040. Prière de transmettre toute suggestion de type d’analyse à intégrer aux futurs rapports à energyfutures@rec-cer.gc.ca.

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Grandes conclusions

1. La consommation d’énergie s’accroît lentement au fil des 20 prochaines années et le bouquet énergétique continue d’évoluer

Le rapport prévoit une lente progression de la consommation d’énergie au Canada, qui s’explique par de nombreux facteurs dont l’amélioration de l’efficacité énergétique. De 2018 à 2040, la consommation d’énergie s’accroît de moins de 5 %, et ce, pendant une période où la population augmente de plus de 20 %. L’activité économique, mesurée selon le produit intérieur brut, s’intensifie de l’ordre de 40 %, ce qui signifie que la consommation d’énergie par personne et par dollar d’activité économique connaît un recul (voir la figure R1).

Figure R1 Consommation d’énergie par personne et par dollar de produit intérieur brut réelFigure R1
Description

La figure illustre l’évolution de la consommation d’énergie par personne et par dollar de PIB depuis 2005. D’ici 2040, la consommation d’énergie par personne recule de 16 % et la consommation d’énergie par dollar de PIB, de 29 %.

Les Canadiens ont par ailleurs recours à d’autres types d’énergie pour répondre à leurs besoins. Ils privilégient le gaz naturel et l’énergie renouvelable et se détournent du pétrole et du charbon (voir la figure R2).

Figure R2 Consommation totale d’énergie primaire au Canada selon le type de combustible, 2017 comparativement à 2040Figure R2
Description

Le graphique montre la consommation d’énergie primaire de 2017 comparativement à 2040, selon le combustible. Les autres énergies renouvelables, qui représentaient 7 % (916 pétajoules) de la consommation d’énergie primaire en 2017, comptent pour 8 % (1 080 pétajoules) en 2040.

L’énergie nucléaire représente 8 % (1056 pétajoules) de la consommation d’énergie primaire en 2017, part qui se contracte légèrement pour s’établir à 7 % (1 003 pétajoules) en 2040. La part de l’hydroélectricité dans la consommation d’énergie primaire se chiffre à 10 % (1 407 pétajoules) en 2017 et à 11 % en 2040.

Le charbon voit sa part de la consommation d’énergie primaire, à 5 % (738 pétajoules) en 2017, reculer pour s’établir à 1 % (167 pétajoules) en 2040. La part des produits pétroliers diminue quelque peu elle aussi : à 35 % (4 739 pétajoules) en 2017, elle passe à 32 % (4 482 pétajoules) en 2040. Enfin, la part du gaz naturel, qui se chiffrait à 35 % (4 670 pétajoules) en 2017, s’élève à 40 % en 2040.

2. La production de pétrole et de gaz naturel augmente de façon constante au cours de la période de projection, augmentation qui prend appui sur les hypothèses relatives à l’aménagement d’infrastructures à court terme et les prix énergétiques à long terme

La production de pétrole et de gaz naturel augmente au cours de la période à l’étude. La production de pétrole brut augmente de près de 50 % entre 2018 et 2040, pour avoisiner les sept millions de barils par jour (voir la figure R3). De son côté, la production de gaz naturel dépasse les 20 milliards de pieds cubes par jour (« Gpi3/j »), un accroissement de près de 30 % (voir la figure R4). La majorité de la croissance est attribuable à des sources qui contribuaient relativement peu à la production totale il y a à peine 10 ans. L’exploitation in situ des sables bitumineux est le moteur de l’augmentation de la production de pétrole brut, alors que c’est l’exploitation des ressources tirées des formations schisteuses et des réservoirs étanches qui est à l’origine de celle du gaz naturel.

Les projections sont fondées sur des hypothèses quant à l’avenir, notamment les suivantes.

  • Aménagement d’infrastructures – L’Avenir énergétique 2019 suppose à court terme que les grands projets de pipeline sont construits et mis en service à la date annoncée. Les contraintes liées à la capacité de transport du pétrole et du gaz naturel s’en trouvent réduites et, par conséquent, les prix de référence du brut canadien (p. ex., le Western Canadian Select ou WCS) et du gaz naturel (au carrefour d’échanges gaziers sur le réseau de NOVA ou NIT, notamment) reprennent du poil de la bête par rapport aux prix internationaux.

  • Exportations de gaz naturel liquéfié ou GNL – Le potentiel d’exportations de GNL motive grandement la production de gaz naturel. Aussi l’édition 2019 du rapport tient-elle compte de volumes croissants de GNL exportés par la Colombie-Britannique au cours de la période de projection. Les exportations de GNL à grande échelle débutent en 2024 et s’élèvent à 3,7 Gpi3/j en 2040.

  • Politique – La politique de réduction obligatoire de la production de pétrole brut devrait se poursuivre en Alberta jusqu’en 2020. D’après les hypothèses relatives aux infrastructures sur lesquelles le rapport est fondé, cette politique ne subsiste pas au-delà de ce qui est prévu à l’heure actuelle.

  • Augmentation des prix à long terme – En dollars de 2018, le prix du brut à l’échelle mondiale atteint 75 $ US le baril ($ US/b) à long terme et le prix du gaz naturel en Amérique du Nord s’accroît de façon constante pour atteindre 4 $ US par million d’unités thermiques britanniques (« $ US/MBTU »). Les hypothèses posées en matière de prix sont le fruit d’un consensus d’opinions de divers organismes et de l’analyse de la Régie. De nombreux facteurs pourraient avoir une incidence sur les futures tendances de prix, tels que l’utilisation de nouvelles technologies et les répercussions, sur la demande de pétrole et de gaz naturel à long terme, des politiques relatives aux changements climatiques un peu partout dans le monde.

L’une des grandes questions au sujet de la filière énergétique du Canada est la disponibilité des pipelines d’exportation de pétrole brut et la capacité ferroviaire. Cette question a une incidence sur les tendances de prix et de production du pétrole canadien. Les projections présentées laissent supposer que si les projets pipeliniers annoncés vont de l’avant conformément aux prévisions[1] et que les volumes expédiés par train se maintiennent, la capacité de transport sera suffisante pour soutenir la croissance de la production au cours des 20 prochaines années (voir la figure R5).

Figure R3 Production de brut selon le typeFigure R3
Description

Le graphique montre la production de pétrole brut, selon le type, de 2005 à 2040. Il se fonde sur des données historiques jusqu’en 2018 et sur des prévisions, de 2019 à 2040. En ce qui concerne les sables bitumineux, la récupération in situ s’accroît, de 1,6 kb/j en 2018 à 2,7 kb/j en 2040, tout comme l’extraction à ciel ouvert, qui passe de 1,5 kb/j en 2018 à 1,7 kb/j en 2040. La production autre connaît elle aussi une hausse, passant de 1,7 kb/j en 2018 à 2,7 kb/j en 2040.

Figure R4 Production de gaz naturel selon le typeFigure R4
Description

Le graphique illustre la production de gaz naturel dans le scénario de référence, selon le type, de 2005 à 2040. En 2005, la production totale se chiffrait à 17,2 Gpi³/j, ce qui comprenait les 4,7 Gpi³/j de la production tirée de réservoirs étanches et de formations schisteuses. Au cours de la période, la production totale connaît une hausse pour atteindre 21,4 Gpi³/j en 2040, du fait, principalement, d’une augmentation de la production tirée de réservoirs étanches et de formations schisteuses, qui monte à 18,0 Gpi³/j.

Figure R5 Capacité actuelle et annoncée des pipelines d’exportation de brut comparativement à la quantité projetée de brut disponible à l’exportationFigure R5
Description

Le graphique montre la capacité actuelle et annoncée des pipelines d’exportation de brut comparativement à la quantité projetée de brut disponible à l’exportation. La capacité pipelinière passe de 2,9 Mb/j en 2010 à 4,3 Mb/j en 2040, ce qui tient compte d’ajouts de capacité de l’ordre de 1,7 Mb/j d’ici la fin de la période. Les exportations de pétrole brut par train, qui étaient inexistantes en 2010, s’accroissent à 0,4 Mb/j en 2040, tout comme la quantité de brut disponible à l’exportation, qui passe de 2,2 Mb/j en 2010 à 6,2 Mb/j en 2040.

3. Les technologies favorisant la transition du Canada à une économie à faibles émissions de carbone font une percée dans la filière énergétique

Les nouvelles technologies jouent un rôle de premier plan dans la faible croissance de la consommation d’énergie et font augmenter la part de l’énergie renouvelable au bouquet énergétique. Ces dernières années, les coûts liés à l’énergie solaire et éolienne ont chuté. En 2005, les deux types d’énergie comptaient pour 0,2 % de la production d’électricité totale du Canada. Ils représentent aujourd’hui 5 % du bouquet énergétique, une part qui atteindra près de 10 % en 2040 (voir la figure R6). Au cours de la période à l’étude, les puissances éolienne et solaire installées augmentent, respectivement, de près du double et de plus du double (voir la figure R7), en fonction de nombreux facteurs, tels que les coûts, qui sont en baisse continue. L’Avenir énergétique 2019 suppose que, de 2018 à 2040, les coûts liés à l’énergie éolienne reculent de 20 % et à l’énergie solaire, de 40 %.

Plus on recourt aux énergies renouvelables, plus on diversifie le bouquet énergétique du Canada. L’ajout d’une puissance éolienne et solaire fait augmenter la part déjà grande de la production d’électricité sans émissions. La contribution des énergies renouvelables et nucléaire au bouquet électrique passe de 81 % aujourd’hui à 83 % à l’horizon 2040.

Figure R6 Production d’électricité selon le type de combustibleFigure R6
Description

Le graphique illustre la production d’électricité, selon le type de combustible, de 2005 à 2040. La production totale d’électricité, qui était de 595,4 TWh en 2005, passe à 737,1 TWh en 2040. La plus grande part de la production totale revient à l’hydroélectricité, qui atteint 439,5 TWh à la fin de la période de projection.

Figure R7 Puissances éolienne et solaire installéesFigure R7
Description

Le diagramme à barres montre la capacité de production totale des énergies renouvelables autres qu’hydroélectriques. La capacité de production d’électricité au moyen d’énergie solaire, d’énergie éolienne et de la biomasse s’accroît jusqu’à la fin de la période, respectivement, de 2,9 GW (en 2018) à 6,0 GW, de 13,0 GW (en 2018) à 23,8 GW et de 2,5 GW (en 2017) à 3,2 GW.

4. Le Canada progresse dans la transition à un avenir sobre en carbone

L’Avenir énergétique 2019 tient compte des programmes et politiques en place, qui façonnent la courbe de consommation de combustibles fossiles au pays. Une comparaison des niveaux de consommation de combustibles fossiles présentés dans des projections antérieures illustre l’évolution des tendances (voir la figure R8). Ces projections montrent la hausse importante de la demande de combustibles fossiles dans les hypothèses qui sous-tendent le scénario de référence, où l’on voit que la demande de combustibles fossiles est limitée et qu’elle est suscitée par le gaz naturel, qui présente la plus faible intensité d’émissions de gaz à effet de serre (« GES »). Le recours au charbon, énergie qui produit davantage émissions de GES, recule au cours de la période.

Pour respecter ses engagements[2]en matière de changements climatiques. le Canada doit élaborer des politiques qui vont au delà de celles dont tient compte le scénario de référence, comme celles prévues au Cadre pancanadien sur la croissance propre et les changements climatiques,  ainsi que diverses nouvelles initiatives provinciales et territoriales. Lorsque ces politiques, naissantes ou en cours d’élaboration, auront force de loi, elles auront un effet sur les tendances de la filière énergétique canadienne et du scénario de référence

Figure R8 Projections du rapport 2019 relativement à la consommation de combustibles fossiles selon le type de combustible comparativement aux projections de la consommation totale de combustibles fossiles tirées des rapports antérieursFigure R8
Description

Le graphique montre les projections de l’Avenir énergétique 2019 relativement à la demande de combustibles fossiles, selon le combustible, comparativement aux projections des rapports antérieurs. La demande de charbon chute : de 1 292 PJ en 2005, elle s’établit à 167 PJ en 2040. Dans une mesure moindre, la demande de pétrole recule elle aussi, passant de 4 777 PJ en 2005 à 4 482 PJ à la fin de la période. À 3 628 PJ en 2005, la demande de gaz naturel s’élève à 5 645 PJ en 2040. Comparativement aux rapports antérieurs, l’Avenir énergétique 2019 repose sur des projections inférieures à celles des rapports précédents en ce qui concerne la demande totale de combustibles fossiles.

 

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  • [1] Le rapport principal fournit des précisions sur les échéanciers et les hypothèses
  • [2] Dans l’Accord de Paris, le Canada s’est engagé à réduire les émissions de GES de l’ensemble de son économie de 30 % par rapport aux niveaux de 2005 d’ici 2030
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