Aperçu des raffineries au Canada en 2018 – Évaluation du marché de l’énergie

Raffineries au Canada

La capacité totale de raffinage au Canada est de 295 000 m³/j (1,9 Mb/j) (figure 3). Le Québec et le Canada atlantique ont la plus grande capacité de raffinage, avec 124 000 m³/j (782 kb/j), suivis de l’Ouest canadien avec 109 000 m³/j (683 kb/j) et de l’Ontario avec 62 000 m³/j (390 kb/j).

Les raffineries canadiennes présentent des caractéristiques différentes selon leur emplacement. En général, elles se trouvent au bord d’une voie navigable importante, à proximité d’une grande ville ou d’un lieu de production de pétrole brut. La voie navigable leur donne accès au pétrole brut extracôtier ainsi qu’à des marchés d’exportation pour leurs produits. La proximité d’une grande ville leur procure également un marché pour leurs produits et réduit les coûts de transport. Enfin, le fait d’être près d’un lieu de production de pétrole brut leur offre un approvisionnement local suffisant à faibles coûts de transport.

La plupart des raffineries canadiennes appartiennent à des sociétés intégrées verticalement, lesquelles produisent et raffinent du pétrole brut et en commercialisent les produits. Les raffineries de l’Ouest canadien ont accès à la production de leur région. Par conséquent, elles peuvent répondre à tous leurs besoins en charge d’alimentation avec l’approvisionnement intérieur. Les raffineries de l’Ontario importaient autrefois leur pétrole brut de divers endroits dans le monde pour satisfaire leurs besoins. Cependant, l’inversion récente de la canalisation 9 d’Enbridge leur donne un meilleur accès à la production de l’Ouest canadien et aux importations des États-Unis. Le Québec aussi s’approvisionne par la canalisation 9 inversée pour traiter le pétrole brut de l’Ouest canadien et celui des États-Unis. Les raffineries du Canada atlantique importent la majeure partie de leur pétrole brut et transforment une partie de la production intérieure de la côte Est. Les décisions d’achat de cette matière première reposent sur des questions d’accès et d’économie. À l’heure actuelle, les raffineries du Canada atlantique ne disposent d’aucun accès pipelinier à la production de l’Ouest canadien; c’est pourquoi elles raffinent principalement du pétrole brut importé plutôt que produit au paysNote de bas de page 1.

Les raffineries de l’Ouest et du centre du Canada reçoivent la plus grande partie de leur pétrole brut par pipeline; celles du Canada atlantique, par pétrolier. Dans les deux cas, de petits volumes sont acheminés par train.

La canalisation 9 d’Enbridge : son histoire et son importance pour l’industrie canadienne du raffinage

En réaction à l’embargo déclaré par l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (l’« OPEP ») en 1973, le gouvernement du Canada, préoccupé par la vulnérabilité potentielle des raffineries du centre du Canada qui importaient alors du pétrole brut, a demandé à Interprovincial Pipeline (« IPL », aujourd’hui Enbridge) de prolonger son réseau pipelinier de la région de Toronto vers Montréal. En 1975, le gouvernement et IPL ont conclu une entente visant la construction d’un prolongement de Sarnia à Montréal. La canalisation avait une capacité de 50 000 m³/j (315 kb/j).

De 1976 à 1997, la canalisation 9 approvisionnait des raffineries de l’Ontario et du Québec en pétrole brut de l’Ouest canadien via Sarnia, après un passage aux États-Unis. En 1999, en raison de l’accroissement de l’offre mondiale de pétrole brut, la canalisation 9 a été inversée pour transporter le pétrole brut d’outre-mer (qui était déjà importé à Portland, au Maine, et acheminé par le pipeline Portland-Montréal vers les raffineries de Montréal) plus loin vers l’ouest, jusqu’aux raffineries de l’Ontario. À cette époque, la canalisation 9 avait une capacité de 38 160 m³/j (240 kb/j).

En 2011, du fait des prix moins élevés du pétrole brut nord-américain par rapport à l’importation, la canalisation était sous-utilisée. Enbridge a donc présenté une demande à l’Office national de l’énergie afin de rétablir le sens d’écoulement initial dans le tronçon du pipeline reliant Sarnia à North Westover, en Ontario. En 2013, cette première phase de réinversion de la canalisation 9 s’est terminée, ce qui a permis d’acheminer du pétrole brut nord-américain à un plus grand nombre de raffineries en Ontario. En 2012, Enbridge a déposé auprès de l’Office une demande visant la réinversion du reste de la canalisation 9, reliant North Westover à Montréal, et l’accroissement de la capacité à 47 700 m³/j (300 kb/j). Depuis 2015, les raffineries du Québec reçoivent un approvisionnement croissant de pétrole brut de l’Ouest canadien et des États-Unis.

Figure 3 : Raffineries canadiennes et leur capacité

Figure 3 : Raffineries canadiennes et leur capacité

Source : Association canadienne des producteurs pétroliers (« ACPP »)

Description :

Cette carte montre l’emplacement des raffineries canadiennes, leur capacité et le territoire de leur marché.

Raffinerie et chargement d’un gros camion-citerne de produits pétroliers raffinés par beau temps

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